Pourquoi je me tourne vers l’IA pour mes couvertures et mes corrections : victime, mais jamais vaincu…
Mon parcours de graphiste : plus de 30 ans de passion
Je suis graphiste depuis plus de trente ans et suis toujours actuellement en activité…enfin…plutôt réduite dans ce secteur mais vous allez comprendre très vite pourquoi je dis ça…
Mes premiers travaux graphiques, en réalité, c’étaient des bandes dessinées que je réalisais depuis l’âge de cinq ans.
À onze ans, j’ai découvert la programmation et le graphisme pixelisé sur le Commodore 64 familial qui ne me quittait plus (Le Basic).
J’ai suivi des études professionnelles dans la publicité et le graphisme à la fin des années 80 : d’abord à l’école Sornas (BEP Dessinateur artistique et publicitaire) dans le 1er arrondissement de Paris, puis à l’ISTP à Toulon (BEP Dessinateur publicitaire), une école plus ciblée sur le dessin publicitaire.
Tout cela influencé par une aisance flagrante dans la bande dessinée depuis tout petit, mais totalement inutile à l’époque dans l’univers de la pub.
J’ai ensuite abandonné ce milieu en m’installant dans le Var (mineur suivant le parent divorcé), une région peu propice aux agences de pub dans les années 90.
Entre 1990 et 2000, j’ai touché à tous les ordinateurs : graphisme pour les groupes de démomakers sur Atari ST, création de visuels pour mes propres petits jeux vidéo que je codais seul dans mon coin (Stos Basic).
En 2002, j’ai lancé mon entreprise, Adipson, une webagency que je dirige toujours en solitaire, en tant que graphiste freelance et webmaster.
Des banlieues à la cité : un parcours qui ne m’a jamais fait de cadeau
Je suis issu des banlieues.
Né à Fréjus mais élevé dès l’âge de un an à Poissy (78), dans les années 70, j’ai grandi ensuite à Achères (78) pendant les années 80, dans ces cités où il fallait déjà se battre pour exister.
Je n’ai pas eu le bac.
Après la troisième, j’ai continué sur des formations courtes et professionnelles, sans passer par le lycée classique.
Aujourd’hui encore, je vis en « cité » à Hyères, dans le Var, aux Salins d’Hyères plus précisément.
Un cage à poules au bord de la plage. Mais au top l’été…
Ce parcours n’a rien de linéaire ni de privilégié. Pas de piston, pas de réseau doré, juste de la débrouille, du travail acharné et une capacité à encaisser les coups sans jamais me plaindre.
Ce milieu m’a forgé un caractère bien trempé : quand l’IA a commencé à dévorer mes clients les uns après les autres, je n’ai pas été surpris.
J’ai simplement reconnu le même schéma que j’ai toujours connu : rien n’est jamais acquis, et si tu ne t’adaptes pas, tu disparais.
☠️Adapt or die !
La crise de 2009 : le coup de massue pour le graphisme
Les dix premières années, j’ai été numéro un du graphisme d’identité visuelle, le seul sur le marché à me consacrer presque exclusivement à la création de mascottes 2D cartoon pour entreprises et sites web.
Plus de 800 réalisations en dix ans, jusqu’en 2012.
Mais la crise de 2009 a tout changé. En France, c’était une année noire pour la publicité : selon l’Irep et France Pub, près de 3 milliards d’euros d’investissements en communication ont disparu en deux ans, dont 2,5 milliards rien qu’en 2009.
Les recettes publicitaires des médias ont chuté de 12,5 %, la presse de 18 %.
Les entreprises ont coupé dans les budgets, priorisé les économies.
Logos, mascottes, identité visuelle ?
Passés à la trappe. L’image est devenue secondaire. Pour moi, installé dans le Var, c’était le début de la fin d’une époque dorée.
Du graphisme à la rédaction SEO : une reconversion forcée
En 2012, je me suis lancé dans la rédaction SEO : articles optimisés Google pour tous les secteurs – écologie, charme, rencontres, panneaux solaires, immobilier.
En parallèle, je me suis spécialisé dans le webdesign : bannières animées GIF, templates WordPress. Jusqu’à ce que Google impose ses structures minimalistes, les fameux sites 2.0 faits de widgets sans aucun graphisme environnant.
Le métier de webdesigner s’est effacé progressivement.
La priorité est alors passée à la rédaction… jusqu’à l’arrivée de ChatGPT.
L’explosion de ChatGPT en France et la perte massive de clients
ChatGPT a explosé en France début 2023, comme partout ailleurs dans le monde.
Lancé fin 2022, il a atteint 100 millions d’utilisateurs en janvier 2023 seulement. En quelques mois, mes clients qui me sous-traitaient la rédaction ont préféré confier la tâche à un employé en apprentissage sur l’IA.
En 2025, j’ai perdu la quasi-totalité de mes clients rédactionnels. L’IA a commencé ses ravages.
Puis elle a effacé un à un mes clients graphiques : logos, mascottes, flyers. Même le webmastering est menacé par les grosses structures qui proposent des sites quasi gratuits.
L’IA a bouffé 100 % de mon activité rédactionnelle et 100 % de mon activité graphique.
Oui…on sent le vécu dans le personnage principal de certains de mes romans : Victor Langoisse… ou encore chez les autres personnages victimes de ce « fléau utile » que sont les nouvelles technologies.
Toi, tu assistes à ça, impuissant. Tu vois tes revenus fondre comme de la cocaïne dans le pif de Tony Montana, et les factures de la vie continuer à tomber…
Se lancer dans l’écriture malgré tout : la décantation longue
Il faut être sacrément tordu, après avoir perdu sa clientèle en graphisme, en rédaction et bientôt en webmastering, pour se lancer dans l’écriture de romans déjà gangrénée par l’IA.
Pourtant, j’ai ouvert les vannes.
J’écris depuis toujours, mais je me suis longtemps refusé à l’admettre. C’est en moi, ça s’appelle la décantation longue.
Passion, besoin vital de sortir ce qui se bouscule dans ma tête.
Pour les finances, je tiens encore avec ce qui reste de ma webagency Adipson, merci aux clients fidèles qui ne m’ont pas lâché.
☠️Adapt or die !
Utiliser l’IA qui m’a détruit : légitime et intelligent
Aujourd’hui, je trouve légitime de me tourner vers cette même IA qui m’a tout pris, pour l’utiliser à mon avantage.
Elle est puissante, il faut l’avouer.
Là où je passais plusieurs jours sur des esquisses de mascottes avec un client, un simple prompt sort maintenant le résultat.
Mais je sais mieux que personne le mal qu’elle a fait dans la rédaction, le graphisme, la photographie et maintenant l’écriture.
Je ne baisse pas les bras.
Je m’adapte.
Je l’utilise en complément, jamais en remplacement.
Pour le marketing réseaux sociaux, je m’amuse à me mettre en photo ou vidéo dans des situations impossibles dans la vraie vie : selfie dans un salon d’une de mes villes fictives avec Victor Langoisse et Franck Mallais, les deux personnages principaux de ma saga Dans la tête du tueur, ou courir comme une dinde traquée sur une plage avec un de mes romans à la main.

Pour mes couvertures de romans : un outil irremplaçable quand on manque de budget
J’utilise principalement l’IA pour la réalisation de mes couvertures de thrillers, suspens et paranormal.
Avant, je travaillais avec des banques d’images (Pixabay, istock etc).
Mais trouver une photo parfaite d’un type à l’allure étrange dans une rue sombre, masse à la main, regardant une fenêtre, ou des types enchaînés dans une cave avec un regard terrorisé… c’est quasi impossible, même dans les bases payantes.
L’IA devient l’outil puissant pour ce genre de choses.
Je lui donne une directive précise pour l’image principale (comme une photo stock introuvable), puis j’apporte mon expérience de graphiste de plus de 30 ans : logos, mise en page, structure, retouches.
Je retravaille tout ce qui ne correspond pas exactement à ma vision.
C’est une utilisation minimale, complémentaire.
☠️Adapt or die !
Pour les textes : correction post-écriture, jamais d’écriture par IA
Je trouve inadmissible de se dire auteur ou romancier en laissant l’IA écrire tout le roman.
Un livre sorti en deux jours par copier-coller de chapitres générés par IA ? C’est une arnaque.
Le lecteur ne s’y trompe pas : fond plat, personnages sans profondeur, style uniforme, clichés à la pelle, intrigue prévisible, manque d’émotion authentique, formulations lisses comme un rapport d’entreprise.
On perd la voix unique de l’auteur, ce qui fait la magie d’un vrai roman.
Mais l’IA peut aider en post-écriture, à dose minimale.
Elle ne remplacera jamais un correcteur humain, mais pour un auteur auto-édité sur Amazon ou BoD avec 20 ventes en moyenne (selon les études 2024), les tarifs des correcteurs pros sont souvent hors budget.
Voici ma méthode, en toute transparence : J’écris absolument tout moi-même.
Du premier mot au point final, c’est ma plume, ma verve, mon phrasé un peu brut et pimenté qui sort directement de ma tête.
C’est ce style bien à moi que vous reconnaissez et que vous aimez quand vous plongez dans mes romans.
Je ne délègue pas l’âme de l’histoire, ni la chair des personnages, ni cette décantation longue qui fait que mes textes me ressemblent.
Une fois le manuscrit terminé, je le passe d’abord dans Antidote de Druide, intégré à Open Office Writer.
Ce correcteur reste mon premier rempart : il traque sans pitié les coquilles, les fautes de frappe, les répétitions maladroites et toutes les petites erreurs qui échappent à l’œil même le plus attentif après des heures d’écriture.
C’est seulement quand le texte est déjà bien propre, au stade quasi définitif, que je fais un dernier passage sur l’IA.
Là, je lui demande simplement de traquer ce qui aurait encore pu glisser entre les mailles d’Antidote : une incohérence discrète dans la chronologie, une phrase un peu lourde qui mérite d’être allégée, une formulation qui gagnerait en fluidité ou en impact.
Je ne lui demande jamais de réécrire à ma place, encore moins de créer du texte.
Je lui fais seulement jouer le rôle d’un regard supplémentaire, puissant et froid, capable de repérer des détails que même un correcteur humain pourrait laisser passer.
En résumé, l’IA n’est pour moi ni un co-auteur, ni un ghostwriter.
C’est un outil complémentaire, un partenaire technique discret, jamais un substitut.
Elle m’aide à polir, pas à créer. Le cœur, l’émotion et la voix restent entièrement les miens.
☠️Adapt or die !
Différence entre mes textes humains et un récit généré par IA
Mes textes portent une empreinte que l’IA ne peut pas simuler pleinement : celle de mes blessures, de mes cicatrices et de mon vécu.
Chaque personnage que je crée est traversé par une émotion réelle, une douleur ressentie, digérée puis retranscrite avec sincérité.
Là où un récit généré par IA peut aligner des phrases cohérentes et efficaces, il manque souvent cette densité intérieure, cette vibration humaine qui donne du relief aux mots.
Mes scènes naissent d’images fortes que je porte en moi, avec une intensité presque physique, ce qui leur confère une authenticité et une tension que la mécanique froide d’un algorithme peine encore à reproduire.
La nouvelle ère : s’adapter ou se faire bouffer
Nous n’avons plus le choix.
Ceux qui parlent de résistance pure se voilent la face.
L’IA est déjà partout, indispensable dans tous les métiers. Elle remplace l’humain progressivement.
Le plus important, c’est de s’en servir comme outil complémentaire, jamais comme tâche principale.
Un roman entièrement écrit par une IA, dans le seul but de tromper le lecteur et de lui faire dépenser son argent, relève selon moi d’une pratique contestable, voire d’une forme de tromperie.
En revanche, lorsqu’un auteur écrit lui-même son roman et utilise l’IA de manière mesurée en post-écriture — simplement pour corriger, affiner ou améliorer la fluidité du texte — afin d’offrir la meilleure expérience possible à ses lecteurs, je considère cela comme une preuve d’intelligence et de professionnalisme…
Une intelligence Non-Artificielle… 😀
Moi, j’ai choisi de m’adapter.
Et vous ?
☠️Adapt or die !
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