Vendredi 8 mai 2026. 10h32 du matin.
Je me lève.
Je lance la cafetière.
J’allume mon iPhone. Pas de messages. Pas d’appels en absence.
Le néant numérique dans toute sa splendeur.
Je vérifie mon compte Facebook. Aucun nouvel ami. Mon compteur reste désespérément bloqué à un seul.
Un brouteur africain, probablement. Le genre de type qui finira tôt ou tard par me demander de lui envoyer cinquante euros en ticket PCS pour soigner son cancer du cul.
Une photo apparaît sur mon mur.
Un écrivain à la con parade sur mon écran, sourire de pub Colgate, tenant son livre comme s’il venait de pondre la Bible.
Il est plus beau que moi… ça m’énerve.
Forcément.
Mais il est aussi plus con.
Sa publication est en mode public.
Autrement dit : accessible aux gens comme moi.
Je saisis ma chance.
“Tu as une tête à connaître le goût des crayons feutres.”
J’envoie.
Puis j’éteins mon smartphone, le sentiment du devoir accompli flottant doucement dans mon café tiède.
Je retourne me coucher.
FIN
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