S01E01 – Un petit texte rédigé le lundi 23 mars 2026
Ce lundi matin, 3 h 30, mon tout premier geste au réveil a été, comme chaque jour, d’allumer l’ordinateur pour le laisser faire son petit tour de chauffe.
Un geste devenu presque automatique, inutile en apparence, mais qui me laisse juste le temps de faire chauffer une tasse de café qui traîne encore depuis dimanche.
Mon objectif est simple : voir le résultat des élections municipales qui se sont déroulées hier.
Des élections qui ont eu l’honneur de me voir sortir de chez moi et me montrer en public — ce qui ne m’était plus arrivé depuis les puces sur le port du village en mai 2025… autant dire une expédition.
Je n’ai évidemment pas vu les résultats hier soir. Il fallait attendre après 20 h, et moi, après 19 h 30, je ne tiens plus. Surtout depuis que je me lève tous les jours vers 3 heures du matin. Logique.
Un nouveau maire dans ma ville. Ça va tout changer pour madame le maire, qui va avoir du pain sur la planche pour redresser Hyères… et ça ne changera absolument rien pour moi, qui vais continuer à vivre tranquillement ma petite vie de citoyen hyérois.
Mais la matinée commence plutôt mal.
Sous la surveillance très sérieuse de Mimime le chat — alias Patate — je décide de me faire deux œufs au plat vers 5 h 40, juste avant que l’alarme pour sa pâtée ne me rappelle à l’ordre pour servir la sacro-sainte Féliks de 6 h pile.
Je verse un filet d’huile d’olive dans la poêle, sobrement, comme un professionnel. Une poêle que j’utilise normalement pour les crêpes, quand l’envie me prend — et pas forcément à la Chandeleur.
L’huile commence à crépiter doucement, comme pour me signaler que le moment est venu de passer à l’étape suivante.
Je casse le premier œuf.
Parfait.
Il s’étale exactement comme il faut : rond, propre, digne d’une publicité pour des produits frais. Le blanc encore transparent devient rapidement opaque, le jaune reste bien centré… et pendant deux secondes, je me dis que cette matinée est peut-être en train de devenir une réussite.
Deuxième œuf.
Et là… catastrophe.
Le cassage est complètement raté. Impossible de rattraper le coup. La coquille se fissure mal, s’ouvre n’importe comment, et je me retrouve avec un trou au milieu que je ne peux même pas contrôler, pendant que le premier œuf, lui, continue tranquillement sa cuisson comme s’il n’était absolument pas concerné par le drame qui se déroule à côté.
Je panique.
Je veux les deux œufs à la même cuisson — parce que oui, je suis un peu toqué sur ce genre de détail — alors je tente d’écarter la coquille pour faire tomber le deuxième. Rien ne bouge. J’appuie un peu plus fort.
Erreur fatale.
Des morceaux de coquille tombent directement dans la poêle, viennent se mélanger au premier œuf… et là, mon pire cauchemar commence.
Je déteste les coquilles dans les œufs au plat. C’est exactement le genre de détail qui te fait monter l’adrénaline pour rien, qui t’oblige à attraper une cuillère en urgence pour retirer les morceaux avant qu’ils ne disparaissent dans le blanc et que tu te retrouves, quelques minutes plus tard, à croquer dedans sans prévenir.
J’arrive quand même à retirer cette foutue coquille.
Tant bien que mal. Avec la précision d’un chirurgien fatigué à 5 h 45 du matin.
Mais ce que j’ai probablement le mieux réussi aujourd’hui, au fond… ce ne sont pas mes œufs.
C’est de t’avoir fait lire tout ce texte jusqu’au bout juste pour t’annoncer que je me suis fait deux œufs au plat… et que je les ai ratés.
Tu vois, si mes livres plaisent autant à mes lecteurs, c’est peut-être tout simplement parce qu’ils entrent dans mon univers et qu’ils acceptent de me suivre là où j’ai décidé de les emmener… même quand il ne se passe strictement rien d’important.
Si tu es arrivé jusqu’ici en te disant que tu allais apprendre quelque chose d’essentiel, et que tu te retrouves finalement avec un type un peu toqué et un chat qui s’appelle Patate… alors j’ai gagné mon pari.
Et normalement, dans ce cas-là, tu devrais aimer mes romans. 😄

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