J’écris un roman environ tous les deux mois…et alors ?

Temps de lecture : 4 minutes

Je m’appelle Romuald Serrado et j’écris un roman environ tous les deux mois…

Avec six romans déjà publiés, un en cours et une dizaine d’autres en préparation, ce rythme soutenu peut susciter parfois, j’imagine, des réactions immédiates :

« Il doit utiliser l’IA pour écrire aussi vite. »

Cette accusation devient de plus en plus courante.

Je ne l’ai pas subi personnellement et je n’ai jamais reçu ces reproches directement.
En revanche, je constate ces retours injustes dans de nombreux messages et commentaires sur divers romans et auteurs qui restent dans l’ombre, comme moi.

Dès qu’un auteur sort plus d’un roman par an, certains concluent automatiquement qu’il triche avec l’intelligence artificielle.
Comme si la créativité humaine avait une limite arbitraire au-delà de laquelle on ne pouvait plus être honnête.

Ma position claire sur l’IA dans l’écriture

Je suis transparent : j’utilise l’intelligence artificielle, mais uniquement pour concevoir et retoucher mes couvertures de romans. (où pour mes illustrations sur Facebook ou encore pour ce blog, et même cet article…)
Grâce à mon métier de graphiste, ces outils me permettent d’aller plus vite dans la création d’images qui correspondent parfaitement à l’ambiance de mes histoires.

En revanche, aucun mot, aucune scène, aucun personnage, aucun twist de mes romans n’est généré par une IA.
Chaque phrase sort directement de mon esprit, relié à mes mains.
Le texte que vous lisez est un pur produit de ma décantation longue, de mon observation du monde et de mon flux créatif personnel.

La décantation longue : mon vrai moteur créatif

Depuis des années, mon cerveau fonctionne comme un réservoir silencieux.
J’observe, j’imagine, je construis des intrigues et des personnages en arrière-plan, sans rien écrire.
C’est ce que j’appelle la décantation longue. Tout mûrit lentement, souterrainement.
Puis, un jour, la digue cède. Le barrage s’ouvre et le flux devient intense, presque compulsif.

C’est dans ces moments que j’écris tous les jours, souvent la nuit, dans un silence absolu.
Je travaille toujours sur un seul roman à la fois.
Je crée d’abord le titre, puis la couverture, je structure l’histoire sur mon tableau noir, et ensuite seulement je lâche prise et j’écris en flux continu.
Ce processus est entièrement humain, intime et parfois épuisant.

Aujourd’hui, ce rythme me permet d’avoir six thrillers publiés, un en cours, et une dizaine d’autres dont les couvertures et le fil rouge sont déjà prêts.
Tout cela sans que l’IA n’intervienne dans l’écriture elle-même.

Mon style : brut, minimaliste et 100 % humain

Mon écriture est tranchée, nerveuse et moderne.
Je privilégie les phrases courtes, le vocabulaire simple et les dialogues qui sonnent vrai.
Inspiré par Raymond Carver, j’adopte un style « page blanche » : j’écris en enlevant plutôt qu’en ajoutant.
J’enlève les adjectifs inutiles, les métaphores lourdes, les explications superflues.
Il reste l’essentiel, le silence, le blanc entre les lignes.

Ce style reflète ma personnalité. Il est direct, sans fard, parfois froid en apparence, mais chargé d’émotion contenue et de vérité crue sur les noirceurs humaines.
Je suis comme ça dans la vie, tranchant, sincère, franc et plutôt direct…du coup, j’écris comme je suis

Rien de tout cela ne pourrait être reproduit fidèlement par une intelligence artificielle actuelle, car il puise dans mon vécu, mes observations et mon rythme intérieur très particulier.

Pourquoi ces accusations sont injustes

Ce qui me dérange le plus, c’est de voir des personnes juger et accuser des auteurs prolifiques sans connaître leur réalité.
Traiter quelqu’un d’imposteur simplement parce qu’il sort plus d’un roman par an est réducteur et blessant.

Conclusion : la preuve vivante que c’est possible

Georges Simenon et Frédéric Dard sortaient régulièrement quatre à cinq livres par an pendant leurs périodes les plus actives.
Simenon a écrit près de 200 romans sous son nom (dont 75 Maigret), et Frédéric Dard a publié plus de 300 ouvrages au total, dont environ 175 San-Antonio.
Ils étaient des auteurs ultra-productifs, habités par un flux créatif puissant qu’ils canalisaient jour après jour.

À leur époque, l’IA n’existait pas. Et ils n’utilisaient pas de « nègres » littéraires : ils écrivaient eux-mêmes, à la main ou à la machine, avec une discipline et une rapidité impressionnantes.
Leur œuvre n’était pas de la « merde » produite à la chaîne. Au contraire, beaucoup de leurs romans restent des classiques du genre, appréciés pour leur qualité, leur profondeur psychologique ou leur style unique.

On pourrait citer d’autres grands noms comme Agatha Christie, Isaac Asimov ou même des auteurs plus populaires comme Barbara Cartland, qui ont tous maintenu un rythme soutenu sans technologie moderne ni ghostwriters systématiques.
Ils démontrent que la productivité littéraire n’est pas incompatible avec la qualité.

Mon cas n’est pas différent du leur (je ne me compare pas à eux évidemment !) : je ne produis pas pour produire, je libère ce qui a longtemps décanté en moi.
L’IA ne remplace pas cette nécessité intérieure. Elle m’aide seulement sur la partie visuelle.

Finalement, je n’écris pas pour prouver quoi que ce soit.
J’écris pour respirer. Par besoin.

Et vous, qu’en pensez-vous ?
Acceptez-vous l’idée qu’un auteur puisse écrire plusieurs romans par an sans IA et sans sacrifier la qualité ?
Ou pensez-vous qu’il existe une limite magique au-delà de laquelle on doit forcément tricher ?

Je suis curieux de lire vos avis en commentaires.

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2 Comments

  1. Bonjour, mon rythme n’est que de 4 par an lais je trouve déja que je suis assez productif. J’écris parfois plus vite que mes lecteurs parviennent à me lire. J’ai les mêmes references que vous, Dard et Simenon sont des géants de la litterature policière qui m’ont fortement inspiré. J’ai découvert l’IA recemment et je l’utilise également pour mes couvertures, je reste stupéfait par ce que je reçois en un temps très court et gratuitement ! je n’utilise plus de plan dans ma rédaction, je fais confiance au lendemain et je ne connais pas toujours la fin de mes livres quand je les commence mais assez étrangement elle se construit et arrive au bon moment. Mes romans policiers sont très formatés: 50000 mots et 200 pages. Ma regle : 1000 mots par jour sur lesquels je reviens le lendemain. Ils sont donc terminés en moyennen deux mois , ensuite relecture, correction et impression, le tout en 3 mois. J’écris pour mon plaisir alors utiliser l’IA n’aurait aucun sens, je pense avoir un certain style qui disparaitrait si j’utilisai cet outil. Ces critiques semblent etre l’expression d’un certaine jalousie. Entretenez votre prolixité et continuez à vous faire plaisir sans vous attarder sur ces remarques

  2. Merci pour ce retour.
    En fait, c’est davantage un constat que je fais au fil de mes lectures sur les réseaux sociaux, à propos des nouveaux auteurs en général qui sont régulièrement ciblés.
    Je n’ai pas personnellement reçu ce genre de réflexions (j’ai d’ailleurs ajouté cette précision dans une mise à jour du billet), mais le fait de les lire sur Facebook et ailleurs, même quand elles ne me sont pas directement adressées, me titille tout de même un peu.

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