Le Vieux du rez-de-chaussée
J’avais envie, avec Le Vieux du rez-de-chaussée, de raconter une histoire qui commence de la manière la plus banale possible.
Un homme de 71 ans. Un immeuble. Des voisins. Des habitudes. Une vie qui, en apparence, n’a plus grand-chose à offrir.
Et puis quelques bruits, la nuit. Rien de vraiment extraordinaire au départ. Rien que l’on ne puisse expliquer.
Mais suffisamment pour commencer à se poser des questions.
Et c’est précisément là que mon histoire commence.
Un homme que la vie a déjà beaucoup éprouvé
Jean-Yves Malemaizon n’est pas un héros au sens traditionnel du terme. À 71 ans, il porte le poids d’une existence qui l’a profondément marqué. Ancien militaire, veuf, confronté à la solitude et aux blessures de son passé, il aspire surtout à une chose : qu’on lui fiche enfin la paix.
Mais la tranquillité qu’il espérait trouver dans son nouvel appartement va rapidement devenir beaucoup plus difficile à conserver que prévu.
Je me suis attaché à ce personnage parce que je voulais qu’il reste profondément humain. Avec ses qualités, ses défauts, ses habitudes, son humour, ses colères et ses faiblesses. Un homme qui n’a rien d’un surhomme et qui va pourtant se retrouver confronté à des situations auxquelles il n’est absolument pas préparé.
Je voulais surtout jouer avec le doute
En écrivant ce roman, je ne voulais pas simplement raconter une succession d’événements inquiétants. Je voulais que le lecteur doute.
Douter de ce que Jean-Yves entend.
Douter de ce qu’il voit.
Douter de ses voisins.
Et peut-être même douter de Jean-Yves lui-même.
J’aime cette idée qu’une situation parfaitement ordinaire puisse progressivement devenir inquiétante sans que l’on sache exactement à quel moment les choses ont commencé à déraper.
Un bruit contre un volet peut n’être qu’un bruit.
Un voisin peut n’être qu’un voisin.
Une coïncidence peut n’être qu’une coïncidence.
Mais lorsque plusieurs détails commencent à s’accumuler, notre cerveau fait ce qu’il fait toujours : il cherche une explication.
Et parfois, les explications que l’on se raconte sont beaucoup plus inquiétantes que la réalité.
Un thriller psychologique avant tout
Le Vieux du rez-de-chaussée est avant tout un thriller psychologique. Je me suis beaucoup intéressé à ce qui se passe dans la tête de Jean-Yves, à ses raisonnements, à ses souvenirs et à la manière dont une succession d’événements peut progressivement modifier notre perception du monde.
Je voulais que le lecteur soit suffisamment proche de lui pour comprendre ses réactions, même lorsqu’elles deviennent discutables.
Parce que c’est aussi une question qui traverse le roman : jusqu’où peut-on aller lorsque l’on est persuadé d’avoir raison ?
Une histoire qui se déroule dans un environnement très quotidien
J’ai toujours aimé l’idée que l’angoisse puisse surgir dans des endroits qui ne sont absolument pas conçus pour faire peur.
Pas besoin d’un château abandonné, d’une forêt au milieu de nulle part ou d’une maison isolée.
Un immeuble dans une cité HLM suffit.
Des appartements séparés par quelques centimètres de béton. Des gens que l’on croise tous les jours sans vraiment les connaître. Des bruits que l’on entend à travers les murs. Des portes qui s’ouvrent et se referment. Des lumières qui s’allument dans les couloirs.
Tout cela fait partie de notre quotidien.
Et c’est justement pour cette raison que je trouve cet environnement intéressant pour installer une histoire à suspense.
Je ne veux surtout pas vous raconter la suite
Je pourrais vous parler davantage de Jean-Yves, de ses voisins, de ce qui va se produire et des décisions qu’il sera amené à prendre.
Mais ce serait probablement une mauvaise idée.
Une partie du plaisir de ce roman vient précisément des découvertes successives, des petits détails que l’on remarque parfois sans comprendre immédiatement leur importance et des questions qui apparaissent au fil des chapitres.
Je préfère donc vous laisser entrer dans l’histoire sans trop vous en dire.
Pourquoi ce roman ?
Parce que j’aime les histoires dans lesquelles les personnages ne sont pas simplement confrontés à un problème extérieur, mais doivent également affronter ce que ce problème fait naître en eux.
Parce que j’aime les personnages imparfaits.
Parce que j’aime installer une tension progressivement, jusqu’à ce que le lecteur se retrouve suffisamment impliqué pour ne plus avoir envie de poser le livre.
Et surtout parce que j’aime cette sensation particulière que l’on ressent lorsqu’une histoire réussit à nous faire regarder autrement quelque chose que nous pensions parfaitement banal.
Le Vieux du rez-de-chaussée est né de cette envie.
Celle de prendre un homme ordinaire, dans un environnement ordinaire, et de voir jusqu’où quelques événements en apparence insignifiants peuvent l’entraîner.
Je vous laisse maintenant faire connaissance avec Jean-Yves.
Et si vous décidez de pousser la porte de son immeuble, j’espère simplement que vous aurez envie de rester jusqu’à la dernière page.
Parce qu’au fond, c’est tout ce que je demande à un lecteur : qu’il ait envie de savoir ce qui se trouve sur la page suivante.
Bienvenue dans Le Vieux du rez-de-chaussée.
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