Autrice ou auteure ?

autrice
Temps de lecture : 3 minutes

Autrice ou auteure ? Le débat qui agite mon Facebook… et ce qu’en disent vraiment l’Académie française et les dictionnaires

Chers amis, chères autrices, auteures, écrivaines et auteurs,

Hier, j’ai partagé sur mon mur Facebook un post et j’ai posé la question directement à mes abonnés, et particulièrement aux femmes : préférez-vous qu’on vous appelle « autrice » ou « auteure » ?

Les avis sont très partagés sur le réseau social, comme souvent sur ce sujet.
Certains préfèrent « auteure », d’autres « autrice », d’autres encore restent sur « auteur » au féminin.
Beaucoup m’ont dit que cela dépendait du contexte ou tout simplement de ce qui sonne le mieux à leurs oreilles.

Plutôt que de laisser le débat uniquement dans les commentaires, j’ai eu envie de faire le point de manière posée et factuelle ici, sur mon blog, avec l’aide d’Internet…

L’origine du débat

Le mot « auteur » vient du latin auctor, qui désigne celui ou celle qui crée, qui est à l’origine d’une œuvre.
Historiquement, le féminin « autrice » existe depuis le Moyen Âge et a été utilisé jusqu’au XVIIe siècle.
Il a ensuite presque disparu, à une époque où l’Académie française privilégiait fortement le masculin.

Au XXe siècle, avec la féminisation progressive des professions, deux formes ont émergé :

  • « Auteure » : forme très répandue, notamment popularisée au Québec.
  • « Autrice » : forme plus classique du point de vue de la formation des mots en français.

Que dit l’Académie française ?

Dans son rapport de 2019 sur la féminisation des noms de métiers et de fonctions, l’Académie française reconnaît explicitement que les deux formes « auteure » et « autrice » sont acceptées dans l’usage actuel.

Elle juge cependant que « autrice » est linguistiquement plus satisfaisante, car elle suit la règle habituelle des noms en -teur qui deviennent -trice (comme créatrice, réalisatrice, actrice, etc.).
L’Académie note aussi que « autrice » connaît un regain d’usage, particulièrement dans le monde universitaire.

Cela dit, l’institution ne tranche pas de manière définitive. Elle rappelle que pour certains mots très abstraits comme « auteur », « poète » ou « médecin », le maintien du masculin générique (« une auteur ») reste tout à fait possible et légitime.

En résumé : l’Académie française n’impose rien.
Elle observe l’usage et accepte les deux formes, avec une légère préférence pour « autrice » sur le plan de la cohérence linguistique.

Que disent les dictionnaires ?

Les principaux dictionnaires sont aujourd’hui alignés :

  • Le Petit Robert accepte les deux formes et indique « autrice » comme féminin de « auteur ».
  • Le Larousse admet indifféremment « auteure » et « autrice ».
  • L’Office québécois de la langue française (OQLF) considère les deux formes comme correctes et cohabitantes. Il privilégie l’emploi de variantes féminines visibles.

Aujourd’hui, « autrice » progresse fortement en France et dans les médias, tandis que « auteure » reste très courant, surtout chez celles et ceux qui l’ont adoptée depuis longtemps.

Alors, que choisir ?

Il n’y a pas de réponse unique et obligatoire. Voici mon conseil personnel :

  1. Respecte la préférence de la personne : si une femme te dit « je suis autrice » ou « je suis auteure », utilise le terme qu’elle a choisi. C’est la marque de respect la plus simple.
  2. Sois cohérent dans tes propres textes : choisis une forme et garde-la dans tout ton article ou ton livre.
  3. Les deux sont corrects : tu ne fais pas de faute en utilisant l’une ou l’autre.

Personnellement, j’ai tendance à utiliser « autrice » car elle me semble plus élégante et fidèle à la logique du français.
Mais je respecte totalement celles qui préfèrent « auteure » ou même « auteur ».

Et « écrivaine » ?

Pour information, « écrivaine » est également accepté et souvent utilisé comme alternative plus neutre ou plus douce.
Là encore, tout dépend des goûts personnels.

Conclusion

Chers lecteurs et lectrices, auteurs et autrices de thrillers, polars, romans ou autres,

Le plus important n’est pas le mot qu’on emploie, mais le respect mutuel et la reconnaissance du travail de chacun·e.

Et vous, quelle forme préférez-vous ?
Dites-moi en commentaire : autrice, auteure, auteur (au féminin), ou écrivaine ? Et surtout, pourquoi ? Vos retours sont toujours enrichissants.

Merci à toutes et tous pour vos messages, vos lectures et votre fidélité.
Continuez à écrire, à (me) lire, à créer.
C’est cela qui compte vraiment.

À très bientôt pour de nouvelles histoires,

Romuald Serrado

 

Tous mes romans sont disponibles chez Amazon – Cliquez-ici pour les découvrir !

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.